iBibliothèque - accueil
Henriette d'Angleterre, belle-sœur de Louis XIV, est-elle guidée par le sens de l'humour lorsqu'elle demande aux deux grands dramaturges rivaux, Racine et Corneille, d'écrire chacun des vers sur la reine Bérénice ? Toujours est-il que la représentation des deux pièces concurrentes, Bérénice, puis Tite et Bérénice, a lieu en novembre 1670, à une semaine d'intervalle… La comparaison ne tourne pas à l'avantage de la comédie héroïque de Corneille, à laquelle le public préfère la simplicité de la tragédie racinienne. Le dramaturge, déjà sur le déclin, accusera les comédiens de Molière d'avoir saboté sa pièce. Il apparaît surtout que l'héritage baroque de la poétique de Corneille – avec son écriture généreuse et sa vision des hommes « comme ils devraient être », selon la formule de La Bruyère – est peu à peu supplanté par le lyrisme plus épuré de Racine, qui marque le triomphe de l'esthétique classique.