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« Prince des Poètes » réhabilité par les romantiques après deux siècles d’oubli dus à Boileau, Ronsard incarne dans l’imaginaire collectif la figure même du poète avec tout l’éclat de la Renaissance française. Si son œuvre considérable inclut tous les genres imités de l’Antiquité, c’est surtout le poète des Amours qui nous parle encore aujourd’hui. De Cassandre (« Mignonne, allons voir si la rose/ Qui ce matin avait déclose/ Sa robe de pourpre au soleil,/ A point perdu cette vesprée/ Les plis de sa robe pourprée,/ Et son teint au vôtre pareil. ») à Marie (« Le temps s’en va, le temps s’en va ma Dame,/ Las ! le temps non, mais nous nous en allons ») puis Hélène (« Quand vous serez bien vieille, au soir à la chandelle,/ Assise auprès du feu, dévidant et filant,/ Direz chantant mes vers, en vous émerveillant :/ « Ronsard me célébrait du temps que j’étais belle. »), Ronsard adresse à des destinataires réelles ou fictives la même supplique sensuelle et angoissée de l’urgence d’aimer.