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« Dans ce livre atroce, j’ai mis toute ma pensée, tout mon cœur, toute ma religion (travestie), toute ma haine » : c’est ainsi que Baudelaire évoque, à la fin de sa vie, son unique recueil poétique Les Fleurs du mal. Longuement mûri, nourri des expériences douloureuses d’une enfance haineuse et révoltée, des excès d’une jeunesse de dandy bohème mêlant les ivresses du vin et du haschich et celles d’une liaison orageuse, ce recueil lui vaut un procès pour immoralité. Sa condamnation (il doit retirer six pièces) fige à jamais son image d’auteur « scandaleux ». Le recueil est l’héritier direct du romantisme : l’accablement du Spleen est un avatar du « mal du siècle », les « accessoires » (goules, vampires, cadavres et tombeaux) sont ceux du bas-romantisme avec sa fascination de la mort, à la fois crainte et désirée. Cependant Baudelaire leur confère une nouvelle dimension, la recherche de la Beauté pure (« Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre ») qui inspirera les poètes parnassiens. Avec l’idée des Correspondances (« Comme de longs échos qui de loin se confondent / … /Les parfums, les couleurs et les sons se répondent ») il est aussi à l’origine du symbolisme.