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Avec ses « Méditations poétiques », Lamartine devient, à l’égal de Chateaubriand dans la prose, le poète romantique par excellence. Ses poèmes sont, selon lui, « des soupirs de l’âme » qui passeront comme tels à la postérité. « L’Isolement » (« Souvent sur la montagne, à l’ombre du vieux chêne, Au coucher du soleil, tristement je m’assieds »), « Le lac » (« Ô temps ! suspends ton vol ; et vous, heures propices ! Suspendez votre cours »), sont en effet l’expression d’un cœur brisé par la mort de l’être aimé, cherchant un apaisement dans la contemplation de la nature. Celle-ci prend une dimension religieuse dans les Nouvelles méditations, (« L’esprit de Dieu », « Les Étoiles »), permettant un dépassement de soi dans un élan de confiance mystique et plus encore dans Les Harmonies poétiques et religieuses.
Gethsemani est le récit bouleversant d’un rêve prémonitoire dans lequel Lamartine pressent au cours d’une visite des lieux saints, la mort de sa fille Julia. « Ma fille, mon enfant, mon souci, mon trésor. C’était sur ma fenêtre un rayon de soleil » : de tels accents dans l’amour d’un père ne se retrouvent que dans les vers de Victor Hugo. Enfin, Jocelyn est un épisode d’une monumentale épopée restée à l’état de projet, dont le fil conducteur aurait été la destinée d’un ange déchu pour l’amour d’une mortelle. Ce « journal » en vers est l’histoire, dans les péripéties de la Révolution, d’un amour impossible entre un prêtre et une fugitive.