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Les Provinciales, ou la défense d'Antoine Arnauld

Antoine Arnauld (1612-1694), prêtre, théologien, philosophe et mathématicien, surnommé « le Grand Arnauld » par ses contemporains pour le distinguer de son père, est l'un des principaux chefs de file des jansénistes et un opposant des jésuites au xviie siècle. Vingtième et plus jeune enfant d'une famille de magistrats parisiens, il est le frère d'Angélique et d'Agnès Arnauld, abbesses de Port-Royal-des-Champs. Destiné au barreau, il préfère étudier la théologie à la Sorbonne. Il y obtient les plus grands succès et sa carrière promet d'être brillante, quand l'influence de Saint-Cyran l'attire vers le jansénisme. Son livre, De la fréquente Communion (1643), est une étape importante pour rendre les buts et les idéaux de ce mouvement intelligibles au grand public. Cette publication lui attire tant d'ennemis qu'il est forcé de se cacher. Pendant plus de vingt ans, il n'ose plus se montrer à la vue de tous à Paris.
Il écrit alors de nombreuses brochures en faveur du jansénisme. En 1655 deux Lettres à un duc et pair sur les méthodes des Jésuites dans le confessionnal lui valent d'être expulsé de la Sorbonne en même temps que Nicolas Perrault. C'est l'origine des Provinciales de Blaise Pascal, écrites pour la défense d'Arnauld. Celui-ci est solennellement dégradé en février 1656. Douze ans plus tard, la « Paix clémentine » met fin à ses ennuis. Il est alors aimablement reçu par Louis XIV et traité presque en héros par le peuple. Il entreprend avec Pierre Nicole un grand ouvrage contre les calvinistes : La perpétuité de la foi de l'Église catholique touchant l'eucharistie. Cependant, dix ans plus tard, la persécution contre les jansénistes reprend. Arnauld est contraint de quitter la France pour les Pays-Bas, et s'installe finalement à Bruxelles. Il y passe les seize dernières années de sa vie à entretenir inlassablement les controverses avec les jésuites, les calvinistes et les hérétiques de toutes sortes.
Sculpture d'Augustin Pajou, représentant Pascal étudiant la cycloïde. À ses pieds, à gauche, se trouvent les feuillets épars des Pensées ; à droite, le livre ouvert des Lettres provinciales.
Sculpture d'Augustin Pajou, représentant Pascal étudiant la cycloïde. À ses pieds, à gauche, se trouvent les feuillets épars des Pensées ; à droite, le livre ouvert des Lettres provinciales.