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Autobiographie entreprise à 53 ans, Les Confessions sont une œuvre posthume : alors que Rousseau meurt en 1778, la première partie (livres I à VI) est publiée en 1782, et la deuxième (livres VII à XII) en 1789.
Dans cet ouvrage, le philosophe développe le mythe de l'âge d'or, du paradis terrestre, de l'état de nature et de la civilisation corruptrice. Mais il y raconte aussi ses tribulations, ses combats contre l'injustice, son rejet d'une société qu'il avait courtisée, et surtout son besoin de se justifier. Les Confessions sont hantées par la mauvaise conscience de l'auteur, qui tient absolument à dévoiler toute la vérité, même si elle n'est pas belle à lire. Ce désir de sincérité l'amène à dévoiler certaines expériences troubles, dans le but d'expliquer son comportement. En accord avec la théorie de Condillac qu'il connaissait, Rousseau attache de l'importance à la première enfance et aux sensations vécues. Prenant à la légère ou justifiant avec mauvaise foi certaines de ses fautes graves – notamment l'abandon de ses cinq enfants –, il s'accuse de manière exagérée de choses plus vénielles, comme le plaisir pris à la fessée donnée par Mlle Lambercier ou le vol du ruban qui entraîna le renvoi de Marion, la jeune cuisinière.
Néanmoins, malgré tous ses défauts, Rousseau est attachant dans sa volonté de « tout mettre sur la table », dans sa recherche de l'affection d'autrui et dans son besoin de s'épancher. Il attire la compassion par ses réelles souffrances, qu'il sait décrire en détail. Loin du ton gourmet, primesautier, plein d'esprit du xviiie siècle, il ouvre la voie à une postérité qui recherche la sincérité et qui exalte les passions et les sentiments.