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Les Âmes du Purgatoire paraissent dans la Revue des deux Mondes en 1834. Le titre se réfère à un tableau longuement décrit au début de la nouvelle, dont il est l'une des clés : ce tableau fait forte impression sur l'enfant d'une noble famille. « Tous les genres de supplices dont le peintre avait pu s'aviser s'y trouvaient représentés avec tant d'exactitude, que le tortionnaire de l'Inquisition n'y aurait rien trouvé à reprendre. » L'autre clé appartient à l'architecture, domaine qui sera l'occupation principale de Mérimée au cours des trente années suivantes : « Ci-gît le pire homme qui fut au monde. » C'est l'épitaphe de don Juan de Maraña dans l'église de la Charité à Séville. Ayant ainsi – avec habileté – posé les bornes de sa narration, Mérimée déroule les aventures de don Juan de Maraña, sans oublier de rendre hommage à Molière et Mozart pour « leur » Don Juan qui se nommait Tenorio. La tonalité fantastique, qui éclatera plus tard dans La Vénus d'Ille, pointe déjà ici avec la vision terrifiante du tableau – vain avertissement à celui qui prépare son ultime forfait dans l'enlèvement d'une religieuse – et culmine avec l'épisode dans lequel don Juan assiste à ses propres obsèques.