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Jugement d'homme de lettres

« « L'affectation mondaine diminue, et Mérimée retrouve des loisirs pour écrire, en 1834, une assez longue histoire, Les Âmes du Purgatoire. C'est, sous une forme à demi moderne, tantôt railleuse et tantôt sombre, l'histoire de don Juan de Maraña, l'une des deux légendes qui sont comme les affluents d'où ce puissant courant s'est formé. La couleur espagnole a, cette fois encore, bien servi Mérimée, et son scepticisme s'est gardé d'intervenir dans la scène de la conversion où don Juan assiste à ses propres funérailles, non plus qu'en ce soudain et dernier jet de passion qui lui fait commettre encore un homicide sous le saint habit du pénitent. Il a respecté, rendu sans sourire le dénouement, si étrangement mêlé de terreur et de pitié, né de tendres et pieuses imaginations, auxquelles le pardon semblait facile, la rechute plus facile encore […]. » »
Augustin Filon, Mérimée et ses amis, 1894.