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Le triomphe de la géographie

La géographie est depuis toujours la grande passion de Jules Verne. Parallèlement à ses romans d'aventures, il publie une monumentale Géographie illustrée de la France et de ses colonies, puis une Histoire générale des grands voyages et des grands voyageurs. Il devient d'ailleurs un membre actif de la société de géographie de Paris, en décembre 1864.
Dès le début de sa carrière, la géographie est un sujet majeur de ses romans. En 1877, Hetzel commente ce rapport établi chez Jules Verne entre la littérature et la géographie :
« M. Jules Verne, en commençant la série des Voyages extraordinaires, a eu pour but de faire connaître à ses lecteurs, sous la forme du roman, les diverses parties du monde. L'Afrique dans Cinq Semaines en ballon et Les Aventures de trois Russes et de trois Anglais, l'Asie centrale dans Michel Strogoff, l'Amérique du sud et l'Australie dans Les Enfants du capitaine Grant, les régions arctiques dans Les Aventures du capitaine Hatteras, l'Amérique septentrionale dans Le Pays des fourrures, les différents océans du globe dans Vingt mille lieues sous les mers, le nouveau et l'ancien monde dans Le Tour du monde en 80 jours, etc. »
Comme toujours, Jules Verne réunit cartes, revues scientifiques et ouvrages touristiques pour trouver son inspiration. Dans une interview accordée en 1895 à la journaliste anglaise Marie A. Belloc, il confie :
« Bien sûr, je me rappelle distinctement l'origine de certains de mes livres : Le Tour du monde en 80 jours provient de la lecture d'une annonce touristique dans un journal. Le paragraphe qui attira mon attention mentionnait le fait qu'aujourd'hui, il serait tout à fait possible de faire le tour du monde en quatre-vingt jours, et il m'est immédiatement venu à l'esprit que le voyageur, profitant d'une différence de méridien, pourrait gagner ou perdre un jour pendant ce laps de temps. Vous vous souvenez peut-être que mon héros, Phileas Fogg, grâce à cette circonstance, est arrivé chez lui à temps pour gagner son pari, au lieu d'un jour trop tard comme il l'imaginait. »
Le succès mondial que rencontre Le Tour du monde en 80 jours transforme ce roman en un véritable mythe qui entraîne un phénomène nouveau : la volonté d'établir des records. D'ailleurs, du vivant même de Jules Verne, Miss Nellie Bly, une jeune journaliste américaine travaillant pour le New York World, parvient à vaincre le record de Phileas Fogg : partie des États-unis le 14 novembre 1889, elle achève son tour du monde le 25 janvier 1890, en 72 jours, 6 heures et 11 minutes. Devenue une véritable héroïne, elle est reçue par Jules Verne dans sa maison d'Amiens.
Page de titre du Tour du monde en 80 jours paru en 1873 chez Hetzel.
Page de titre du Tour du monde en 80 jours paru en 1873 chez Hetzel.
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