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Cette comédie en cinq actes et en vers est représentée pour la première fois en 1666. Mais Molière y travaille dès 1664 et en 1665, c'est-à-dire durant une période assez obscure où aux attaques de la cabale s'ajoutent ses déboires conjugaux, des démêlés avec le jeune Racine et une santé chancelante. Certains ont pu voir dans le caractère plus grave de cette comédie le reflet de ces difficultés.
La pièce, en tout cas, prolonge la réflexion de Molière sur l'hypocrisie des hommes entamée dans Tartuffe et Dom Juan. Alceste, ce misanthrope atrabilaire, c'est-à-dire en proie au chagrin et à la mélancolie, condamne farouchement l'hypocrisie de la société dans laquelle il vit, tout en étant amoureux, pour son malheur, d'une coquette. Ce personnage complexe, joué par Molière à l'origine, donne lieu à des interprétations bien différentes : est-il simplement cet homme « aux rubans verts », malade et ridicule dans sa rigidité ? ou un être intransigeant, héroïque et émouvant ?
Si, lors de sa création, la pièce connaît un succès modéré qui s'explique en partie par la période de deuil imposée par la mort de la reine mère quelques mois auparavant, c'est aujourd'hui l'une des pièces les plus jouées de Molière.