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Le Menteur, écrit en 1643, signale le retour de Corneille à la comédie, genre dans lequel il s'était déjà illustré au début des années 1630 avec par exemple La Suivante ou La Place Royale. Dorante, le menteur invétéré de cette comédie légère et brillante, semble d'ailleurs s'inscrire dans la lignée d'un Matamore – personnage fantasque et mythomane de L'Illusion comique. Pour la création de cette pièce, dont l'intrigue repose essentiellement sur un quiproquo alimenté par les mensonges de Dorante, Corneille s'inspire directement d'une œuvre espagnole : La Verdad Sospechosa d'Alarcón, créée au début du xviie siècle. La pièce connaît un succès tel que dès 1644, Corneille lui donne une Suite, qui ne rencontrera cependant pas le même accueil auprès du public. Au siècle suivant, Goldoni reprendra à son tour l'intrigue du Menteur pour composer Il Bugiardo.
Le Menteur et sa Suite constituent les dernières comédies de Corneille. Elles sombreront en France dans l'oubli, avant de susciter de nouveau l'intérêt des metteurs en scène à la fin du xxe siècle.