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Publiée dans la Revue de Paris le 13 juin 1830, La Partie de trictrac sera reprise la même année dans le recueil Mosaïque. Comme dans Mateo Falcone, il y est question d'honneur, et comme – plus tard – dans La Double Méprise, de culpabilité. Le récit met le lecteur au cœur d'une crise de conscience : un officier de marine, amoureux fou d'une actrice, a gagné pour elle une fortune en trichant au cours d'une nuit de jeu, en profitant de la fatigue de son adversaire. Ruiné, celui-ci se brûle la cervelle. Riche et comblé par sa maîtresse, l'officier ne supporte plus de vivre dans la culpabilité. La narration commence à la première personne, à bord d'un vaisseau qui fait un voyage de plusieurs mois. On ne connaît pas de tel voyage dans la biographie de Mérimée. On s'ennuie à bord, on raconte des histoires, toujours les mêmes… Jusqu'au soir où le capitaine évoque l'histoire du lieutenant Roger : le premier narrateur – qui restera inconnu – lui cède la place, et le capitaine se révèle un conteur hors pair, allant jusqu'à rapporter des scènes qu'il n'a pu observer ! Mérimée joue ici en maître des procédés de mise à distance, jusqu'à suspendre le dénouement par l'irruption d'une baleine qui interrompt le talentueux conteur.