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En 1881 paraît chez Havard le recueil La Maison Tellier qui comporte plusieurs nouvelles, dont celle qui lui donne son nom. La maison en question, qui a réellement existé, se situe rue des Cordeliers à Rouen, témoignant une nouvelle fois de l'attachement de Maupassant à sa région natale.
Cette nouvelle, qui relate la vie dans un bordel de province, connaît un grand succès. Maupassant réussit son pari : renouveler le coup de génie qu'il a eu un an plus tôt avec « Boule de suif ». Il le reconnaît d'ailleurs dans une lettre adressée à sa mère en janvier 1881 : « J'ai presque fini ma nouvelle sur les femmes de bordel à la première communion. Je crois que c'est au moins égal à "Boule de suif ", sinon supérieur ». Le 11 juillet 1881, Zola consacre un article à « La Maison Tellier » dans Le Figaro. Il en fait l'apologie dans le but de défendre Maupassant qui a choisi de traiter dans sa nouvelle un sujet ô combien polémique. « La Maison Tellier » est en effet qualifiée de « répugnant bouquin » par Chapron dans le journal L'Événement d'avril 1881.
Les recettes de La Maison Tellier permettent à Maupassant de réaliser son rêve normand : il fait construire à Étretat un chalet qu'il nommera « La Guillette ». Mais ses bonnes relations avec l'éditeur Havard se détériorent en 1891 lorsqu'il s'aperçoit que le recueil est épuisé. Maupassant signale ce problème dans une note destinée à M. Straus, chargé de s'occuper de ses intérêts : « Prévenu par un libraire anglais que les exemplaires de La Maison Tellier étaient épuisés chez Havard, depuis 3 mois, j'ai fait constater par huissier ce fait bien reconnu. Puis M. Jacob, en mon nom, a fait sommation à l'éditeur d'avoir en magasin, dans les 24 heures, une édition de 500 exemplaires. »