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À propos de l'œuvre

Comme souvent à l'égard de ses œuvres, Voltaire nie être l'auteur de L'Ingénu. Le 3 août 1767, il adresse cette lettre pleine de mauvaise foi à d'Alembert :
« Il faut que je vous dise ingénument, mon cher philosophe, qu'il n'y a point d'Ingénu, que c'est un être de raison ; je l'ai fait chercher à Genève et en Hollande ; ce sera peut-être quelque ouvrage comme le Compère Mathieu. L'ami Coge pecus fait apparemment courir ces bruits-là, qui ne rendront pas sa cause meilleure. Vous voyez l'acharnement de ces honnêtes gens : leur ressource ordinaire est d'imputer aux gens des Ingénus pour les rendre suspects d'hérésie, et malheureusement le public les seconde, car s'il paraît quelque brochure avec deux ou trois grains de sel, même du gros sel, tout le monde dit : C'est lui, je le reconnais ; voilà son style ; il mourra dans sa peau comme il a vécu. Quoi qu'il en soit, il n'y a point d'Ingénu, je n'ai point fait d'Ingénu, je ne l'aurai jamais fait ; j'ai l'innocence de la colombe, et je veux avoir la prudence du serpent. »
Commentant le roman L'Ingénu dans la Correspondance littéraire de septembre 1767, Melchior Grimm – homme de lettres allemand d'expression française – écrit :
« Le roman a eu un succès prodigieux à Paris. La première partie est charmante. La seconde a paru un peu sérieuse, à beaucoup de monde et à moi, un peu languissante en certains endroits. »