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Corneille n'est âgé que de vingt-neuf ans quand L'Illusion comique est représentée pour la première fois au théâtre du Marais, en 1636. Par cet « étrange monstre », comme il l'écrit lui-même dans sa dédicace « à Mademoiselle M. F. D. R. », le jeune auteur voulait sans doute montrer au public sa maîtrise déjà impressionnante de l'écriture dramaturgique, à travers une habile mise en abyme du théâtre, qui manipule le spectateur jusqu'au dénouement. On sait peu de chose sur la réception de cette pièce. Corneille déclare toutefois dans sa dédicace de 1639 que « son succès ne [lui] a point fait de honte ». En 1660, tandis que triomphe le classicisme, le dramaturge vieillissant révise en profondeur vingt-trois de ses pièces, dont L'Illusion comique. Le « monstre » devient « une galanterie extravagante », le texte est débarrassé de ses flamboyances les plus baroques, et le lecteur connaît désormais avant Pridamant – ce qui est un peu dommage – le sort véritable de Clindor.