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Après une série de quatre tragédies inspirées de l'histoire antique ou orientale, Racine se tourne de nouveau vers la mythologie avec Iphigénie. Tandis que l'intrigue d'Andromaque se situe après la chute de Troie, Iphigénie semble remonter le temps et évoque le départ des héros grecs vers la cité phrygienne, que seul le sacrifice d'une jeune fille du sang d'Hélène peut permettre. Si Racine s'inspire bien évidemment d'Euripide et de son Iphigénie à Aulis, il crée un dénouement original. Iphigénie, héroïne grandiose et touchante, prête à se sacrifier sans réserve pour l'honneur de son père et pour sa patrie, est sauvée in extremis par Ériphile – son double malheureux – qui est hantée par le mystère de ses origines et par son amour sans espoir pour Achille. La pièce connut un grand succès et émut beaucoup le public, aussi bien lors de sa première représentation à Versailles, en août 1674, qu'à Paris, au début de l'année 1675 ; elle éclipsa sa rivale, une Iphigénie écrite par Le Clerc et Coras pour faire concurrence à Racine.