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Illusions perdues correspond au plus long des 137 romans de La Comédie humaine de Balzac, mais aussi à l'un des plus célèbres. Ce volume se situe à la fin de la section des Scènes de la vie de province, constituée également d'Ursule Mirouët, d'Eugénie Grandet, de Pierrette, du Curé de Tours, de La Rabouilleuse, de L'Illustre Gaudissart, de La Muse du département, de La Vieille Fille, et du Cabinet des antiques.
Dans Illusions perdues, Balzac mène une féroce attaque contre le monde du journalisme, de l'édition et de l'imprimerie, et fait le constat du mépris des Parisiens pour tout ce qui vient de province. Il s'inspire directement de sa propre expérience : il fut tour à tour journaliste, imprimeur, puis fondeur de caractères d'imprimerie, et ses entreprises firent faillite.
Est relatée dans cet ouvrage la vie de Lucien Chardon, qui prendra ensuite le nom de sa mère, de Rubempré, et dont l'ambition et les faiblesses le mèneront à sa perte. À l'opposé, sa sœur Ève et son beau-frère David Séchard, ainsi que les artistes formant le petit groupe du Cénacle, représentent la probité, l'honneur et les valeurs morales. Daniel d'Arthez – figure emblématique du Cénacle et personnage qui revient dans plusieurs romans de Balzac – est un homme intègre, honnête, intellectuel pauvre et laborieux, qui tente de remettre Lucien dans le droit chemin.
Les trois parties d'Illusions perdues sont publiées séparément, entre 1836 et 1843, avant d'être réunies dans un même volume en juillet 1843.
La première partie – Les deux poètes – relate l'amitié de Lucien Chardon et de David Séchard à Angoulême, leurs rêves de grandeur et leurs ambitions, le premier espérant réussir grâce à ses poèmes, le second souhaitant découvrir un nouveau procédé de fabrication du papier. Tous deux partagent le même amour de la poésie. La beauté de Lucien lui permet d'entrer dans le cercle fermé des aristocrates d'Angoulême et d'approcher ainsi « les mœurs et les coutumes arriérées de ces familles atteintes d'un royalisme inintelligent, entichées de dévotion plutôt que religieuses, qui toutes vivent immobiles comme leur ville et son rocher.  »
La deuxième partie – Un grand homme de province à Paris – raconte les mésaventures de Lucien à Paris, la perte de ses espoirs, le déclin de sa moralité et ses échecs successifs.
La troisième partie – Ève et David – se passe de nouveau à Angoulême où Lucien est retourné. Elle décrit les problèmes du couple d'imprimeurs, les jeunes Séchard, en prise à la malveillance d'entrepreneurs fourbes qui volent à David son invention et ruinent leur entreprise.