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Montesquieu a toujours été fasciné par le destin de Rome, qu'il visite en 1729. Nourri des œuvres de Platon et d'Aristote, il est particulièrement séduit par les grands historiens latins, Tite-Live, Tacite, Salluste et Suétone. Sa passion de la Rome antique l'amène à rédiger un essai historique de philosophie politique, Considérations sur les causes de la grandeur des Romains et de leur décadence. Il était à l'origine conçu pour constituer une partie de L'Esprit des Lois – œuvre qui sera publiée quatorze ans plus tard.
Les Considérations paraissent en 1734 sans nom d'auteur à Amsterdam chez Jean Desbordes, l'éditeur des Lettres persanes. Dans cet ouvrage qui relate l'aventure séculaire de Rome, Montesquieu s'interroge sur les « causes générales, soit morales, soit physiques qui agissent dans chaque monarchie, l'élèvent, la maintiennent, la précipitent… ». C'est en tant que juriste, historien, moraliste et philosophe qu'il analyse l'histoire de Rome. Pour ce faire, il utilise une méthode novatrice, scientifique et rationnelle, qui dégage des lois générales à partir de faits précis. Récusant l'explication des phénomènes historiques par la Providence, il prend le contre-pied de Bossuet, auteur d'un Discours sur l'histoire universelle paru en 1681. Montesquieu affirme d'ailleurs : « Ce n'est pas la fortune qui domine le monde… »
En 1748, le philosophe fait publier une nouvelle édition, revue et corrigée, de son essai.
Les Considérations auront un impact important en Europe. Elles inspireront en 1776 au grand historien anglais Edward Gibbon sa fameuse Histoire de la décadence et de la chute de l'Empire romain.