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Un chef-d'œuvre controversé

Page de titre de Candide paru en 1759 chez les frères Cramer.
Page de titre de Candide paru en 1759 chez les frères Cramer.
© Gallica.
Dès sa parution en 1759, Candide rencontre un grand succès : 6 000 exemplaires sont vendus en trois mois, 20 000 sur l'année.
Pour lutter contre les contrefacteurs très actifs à l'époque, Voltaire envoie son manuscrit à plusieurs éditeurs dans toute l'Europe : six éditions sont tirées à Paris, une à Lyon, sans compter plusieurs éditions anglaises, hollandaises, italiennes et suisses. Pourtant, Voltaire ne signe pas son texte pour éviter les procès et les risques de condamnation. Le 1er mars 1759, il écrit malicieusement aux éditeurs Gabriel et Philibert Cramer :
« Je viens de lire enfin ce Candide. Je trouve cette plaisanterie dans un goût singulier, mais je ne la crois point du tout faite pour ce pays-ci. […] je vous conseille de ne les pas produire et de retirer les exemplaires si vous en avez. C'est un conseil d'ami et d'amis que je donne à mes amis. »
À Paris, Candide, concerné par l'arrêt du 23 janvier 1759 qui condamne l'Encyclopédie, est dénoncé par l'avocat général Omer :
« Il est bien surprenant que l'on s'obstine à vouloir inonder le public d'ouvrages aussi pernicieux, surtout après l'arrêt solennel que le Parlement a rendu récemment. »
Le 25 février 1759, la police saisit les exemplaires destinés au libraire parisien Duchesne.
À Genève, la vénérable Compagnie des pasteurs dénonce Candide au Petit Conseil et en ordonne la saisie, accusant cet ouvrage d'être « rempli de principes dangereux par rapport à la religion et [de tendre] à la dépravation des mœurs ».
En 1762, Candide est mis à L'Index (catalogue de livres interdits à la lecture) par l'Église à Rome.
« Candide guérit ; et pendant sa convalescence il eut très bonne compagnie à souper chez lui. On jouait gros jeu. Candide était tout étonné que jamais les as ne lui vinssent ; et Martin ne s'en étonnait pas. »
« Candide guérit ; et pendant sa convalescence il eut très bonne compagnie à souper chez lui. On jouait gros jeu. Candide était tout étonné que jamais les as ne lui vinssent ; et Martin ne s'en étonnait pas. »